VIVE LA RETRAITE NON-PRATIQUANTE

Interview de Madame Lili Goguelat sur son ministère de prière par R.Marie Erb.

1. Madame Goguelat, vous priez beaucoup et notamment pour les autres, même pour des prisonniers, comment cela vous est-il venu ?

Tout le monde, y compris les prisonniers, a besoin de prier et aussi de se sentir entouré par la prière. Lorsque mon frère m’a quittée à 22 ans, alors que j’en avais dix-sept j’ai ressenti un grand besoin de prier, d’abord pour moi-même afin de supporter la douleur de la perte, et en même temps une nécessité d’intercéder en faveur des autres. J’avais l’assurance que Dieu, à qui je m’adressais dans ma prière, exaucerait mes prières. Mais c’est beaucoup plus tard que j’ai accepté l’intercession comme un ministère personnel voulu par Dieu pour moi.

2. Vous avez commencé ce ministère il y a combien de temps et dans quelles circonstances ?

J’ai commencé véritablement après ma retraite lorsque j’étais plus disponible pour prier. C’était il y a 15 ans lorsque je suis revenue à Yerres, ma ville natale, pour rester auprès de ma fille et garder ma petite-fille. Cela a démarré en relation avec l’Eglise protestante évangélique du Val d’Yerres à Brunoy. La mère du pasteur m’a appris à intercéder d’une manière systématique, ce qui m’a encouragée à m’engager dans ce ministère. L’Eglise m’a fait confiance en me considérant comme une femme de prière, le pasteur m’accompagnait et me donnait régulièrement des sujets de prières.

3. Que ressentez-vous quand vous priez?

Je ressens la paix et la douceur de Dieu, et la présence du Seigneur par son Esprit qui me guide. Au moment où je prie, je me trouve active dans le plan du Seigneur. J’ai l’habitude de faire une lecture de la Bible, un ou deux chapitres chaque fois, avant de prier. Cela me permet, pendant la prière, de me rapprocher du Seigneur et de me laisser guider selon sa volonté. Il m’arrive souvent de prier avec joie, malgré le fardeau d’intercession. C’est merveilleux de m’adresser à Dieu qui m’écoute. 

4. Avez-vous toujours envie de prier ou faut-il vous forcer par moments ?

On n’a pas besoin de me forcer de prier, car j’aime beaucoup prier. Je profite de mon privilège

d’être à la retraite pour passer plus de temps avec lui.

5. Est-ce que Dieu vous parle aussi pendant votre prière, vous donne-t-il des réponses, des idées ?

Oui, Dieu me parle pendant la prière. Il m’arrive de la dire autrement pour qu’elle soit rendue efficace. Souvent je reçois des réponses, car Dieu voit que ce sujet de prière est important et il me répond tout de suite. Il y a des prières que je dois renouveler, car je n’ai pas encore de réponse, et parfois il me dit d’attendre. Prier demande de la patience.

6. Avez-vous connu des jours où le ciel semblait « fermé» ?

Il m’est arrivé de connaître des « échecs », lorsque je n’avais pas de directions précises parce que la personne ne m’avait pas donné suffisamment d’indications, ou avait refusé de le faire. On ne doit pas prier sans direction.

7. Partagez ici avec nous une expérience encourageante comme femme de prière:

En sortant mon chien, je m’assois sur le banc. Pendant que je lis le Nouveau Testament, une dame s’approche de moi et s’assoit à côté de moi. J’entame une conversation avec elle en lui disant : « Vous connaissez le Seigneur Jésus? » Elle me répond qu’elle a un arrière-plan protestant, mais n’est pas croyante. Je lui ai donné un évangile de Jean avec mon témoignage: « Jésus-Christ est le Maître de ma vie ». Lorsque je la revois deux jours après, elle m’annonce qu’elle a accepté le Seigneur. Elle s’appelle Yvette. J’ai remercié le Seigneur.

 8. Comment votre église vous accompagne-t-elle dans votre ministère de prière ?

A l’Eglise de Brunoy, mon pasteur avait l’habitude de me confier des sujets de prières pour la communauté, et lui-même m’accompagnait dans la prière. Depuis que je me suis installée chez mon fils et ma belle-fille, en raison de ma santé fragile, en novembre 2007, je me suis engagée dans la nouvelle Eglise évangélique baptiste d’Arcueil, j’y trouve aussi ma place en tant que femme de prière; le pasteur m’encourage à poursuivre mon ministère.

9. Maintenant à la retraite, avec une santé fragile, priez-vous toujours autant ?

Cela fait vingt-deux ans que je suis à la retraite, je prie plus qu’avant, car j’ai plus de temps disponible. Malgré mes douleurs dues à l’arthrose, je prie bien davantage au contraire. Je me sens toujours responsable de prier pour des sœurs et frères, pour ceux qui dirigent l’Eglise et pour ceux qui ont besoin d’entendre la Bonne Nouvelle.

10. Le mot de la fin – comment encourager d’autres chrétiens retraités à envisager un ministère de prière ?

Faire un ministère de prière, c’est un travail certes, mais un privilège de s’approcher du Seigneur et de soutenir les autres. Je trouve qu’il n’y a pas de limite d’âge ni besoin d’expérience pour prier. J’encourage d’autres chrétiens retraités à apprendre à prier et à aimer prier ; il appartient à chacun de trouver sa place dans l’Eglise pour continuer à servir le Seigneur.

11.Merci Lili Goguelat d’avoir répondu à nos questions. Soyez bénie!

Rose Marie Erb

Rose Marie web1