Être à son service

Marianne veut servir Dieu et Dieu va se servir d’elle. Aujourd’hui elle est responsable de la correspondance auprès des détenus au sein de la CEDEF. Découvrez son témoignage poignant d’une vie consacrée au Seigneur.

Pendant plusieurs années, j’ai demandé à Dieu de m’utiliser pour son service. Je n’avais pas de talent particulier, pas de talent musical, pas de talent oratoire, pas non plus la possibilité de prendre un sac à dos et de partir sur les routes évangéliser le monde….

Mais, je savais que Dieu allait m’utiliser d’une manière ou d’une autre et, comme il y a toujours une réponse à nos prières, le Seigneur a ouvert une porte dans un milieu inconnu pour moi. Du jour au lendemain, j’ai été brusquement confrontée au milieu carcéral.

En effet, un ami proche a été mis en examen, jugé, et ensuite incarcéré pendant plusieurs années. Cette situation m’a bouleversée au plus profond de moi-même. Les visites régulières dans cette maison d’arrêt, la correspondance avec cet ami, son rapprochement avec Dieu grâce à l’aumônier protestant de cette prison; m’ont donnée un regard de compassion sur cet univers. La rencontre avec cet aumônier m’a aussi ouvert les yeux sur la manifestation de l’amour de Dieu en prison.

Lors des visites en maison d’arrêt, j’ai été touchée par la détresse des mamans qui allaient rendre visite à leur fils, par les enfants et leurs mères qui, pour quelques minutes, allaient voir un père, un mari, pour garder un semblant de lien familial. J’ai eu envie de faire plus et d’apporter de la grâce auprès des détenus et aussi auprès de leurs familles. J’ai cherché où m’adresser mais je ne savais pas comment m’y prendre, quand, un jour, j’ai vu une petite affiche jaune épinglée sur un mur dans mon église. Il s’agissait de la CEDEF, avec cet appel : « Apportez la lumière à ceux qui sont à l’ombre ».  Il y avait une proposition de correspondance avec les détenus. Alors, j’ai donc contacté la CEDEF, et j’ai beaucoup insisté pour participer au service de la correspondance.

J’ai donc commencé à écrire à un détenu qui suivait le culte à l’aumônerie de la prison et qui a pris le baptême à sa sortie. Cela m’a beaucoup encouragée.

Ensuite, Rose-Marie m’a demandé de l’aider dans le service de la correspondance, ce que j’ai commencé à faire. Sur son conseil, j’ai demandé également à devenir visiteuse de prison. Après un temps d’attente et de démarches assez longues, j’ai eu un permis de visiteuse pour une maison d’arrêt de femmes. Je ne savais pas exactement ce qui m’attendait, mais, sachant que Dieu m’aiderait dans cette nouvelle étape, j’étais prête !

A ma première visite, munie de mon permis, je me suis retrouvée devant ce bâtiment gris et triste et au premier contrôle, j’ai dû enlever mes chaussures et ma ceinture. Et là, en chaussettes sous le regard du surveillant, soupçonneux, je me suis dit qu’il fallait que ce soit le Seigneur qui m’envoie, car ma fierté en avait pris un coup…

Ce qui a été extraordinaire dans ces visites, c’est que je ne choisissais pas les détenues, mais à chaque fois j’avais des détenues qui avaient la foi. Avec l’une d’entre elles, nous priions discrètement au moment du parloir. (Le service de visiteur est laïc, il valait mieux être prudente).

Très vite, je me suis inscrite à des formations en relation d’aide avec l’ANVP (Association nationale des visiteurs de prison). Ce service m’a permis de comprendre le monde de la prison, les attentes des détenus, les difficultés des familles, et surtout la préparation de la sortie. Les contacts avec les surveillants ont toujours été positifs, ils étaient surpris que l’on ait envie de visiter des détenu et ne comprenaient pas toujours les objectifs. J’ai dû arrêter ensuite car j’ai déménagé, mais ce service m’a beaucoup appris en complément du service de la correspondance.

La correspondance est toujours pour moi le relais de la main de Dieu par les lettres qu’envoient les correspondants à l’intérieur des prisons. C’est parfois difficile et ingrat, mais ces lettres apportent toujours de l’espoir. Dernièrement, nous avons eu une demande de la part d’un détenu qui désirait avoir une correspondance par l’intermédiaire de la CEDEF, mais il ne voulait pas aborder la notion du religieux. Ce qui est plutôt étrange puisqu’il sait que les correspondants sont chrétiens ! Je lui ai quand même attribué deux correspondantes, et dernièrement l’une d’entre elles me disait que le sujet de la foi commence à être abordé.

Êtres patients dans nos mots et dans nos actions, car Dieu seul connaît le chemin des cœurs. Nous ne sommes que ses humbles instruments.

Je remercie la CEDEF de la confiance qu’elle m’a accordée pour m’occuper de ce service, ainsi que Rose-Marie en particulier. Je remercie également les correspondants, sans lesquels rien ne serait possible.

Marianne