En France… et ailleurs!

Comment l’Evangile transforme des personnes derrière les barreaux : un témoignage de Russie. De l’espérance, même pour des tueurs en série .

Les détenus à la prison du « Cygne blanc » près de Perm, sont tous condamnés pour avoir commis au moins trois meurtres. Ce qui s’est réellement passé ? Igor Chodotajew ne veut pas le savoir. Ce Russe de 45 ans est missionnaire dans les prisons.

Avec cinq équipiers bénévoles, il rend visite deux fois par mois aux détenus de 7 prisons (sur 54), celles qui se trouvent à l’ouest de l’Oural. Ils n’ignorent pas que ceux qui se trouvent au « Cygne blanc » n’en sortiront jamais. Igor connaît la vie derrière les barreaux… N’y a-t-il pas passé lui-même 21 années pour vols et bagarres avec coups et blessures ? C’est en prison qu’il est devenu chrétien quand un détenu lui a parlé de Dieu. En 2001, il a été libéré et, depuis, il retourne bénévolement en prison.

 A la prison, je me sens comme chez moi.

Pour gagner sa vie, il travaille comme surveillant. « Quand j’arrive à la prison, je me sens presque comme chez moi » dit-il en riant. Entre temps, il s’est marié. Il est devenu père de trois enfants. Depuis lors, ce travail est devenu plus dur pour lui. Il est autrement sensible face à des infanticides. « Je sais que je rends visite à des détenus qui ont fait les crimes les plus abominables ». Afin de se protéger lui-même, il leur parle surtout de Jésus-Christ.

Une communauté chrétienne composée de dangereux meurtriers.

Pour les 300 détenus du « Cygne blanc », Igor est souvent le seul contact qu’ils ont avec l’extérieur. La famille et les amis ne souhaitent en général pas maintenir de relations avec un meurtrier, violeur ou abuseur d’enfant. Les détenus l’écoutent quand il les visite dans leurs cellules, quand il prêche ou quand il célèbre avec eux la Sainte Cène.

Ils ne mettent pas en question leur culpabilité mais il leur paraît tout d’abord invraisemblable que Dieu veuille vraiment les pardonner. Alors, ils ont fondé, dans la centrale de sûreté du « Cygne blanc », une petite église avec 30 détenus (10% de la population carcérale sur place). Ils ont été baptisés derrière les barreaux et font à présent partie de l’église baptiste de Perm « Nadezhda » (Espérance) dans laquelle ils ne pourront d’ailleurs jamais mettre les pieds. La Russie n’accorde pas de permissions pour les criminels. Igor, lui-même, peut faire espérer aux détenus une meilleure éternité avec Dieu, mais non un meilleur avenir sur la terre. – Cependant, l’un des plus grands problèmes derrière les barreaux, l’ennui, a trouvé sa solution : les détenus lisent maintenant la Bible dans leurs cellules et parlent de Dieu aux codétenus. De plus, on constate que les pires criminels sont les plus intéressés à accepter l’Evangile et leur vie en est transformée.

Dans les autres prisons également, ils sont nombreux à se tourner vers Dieu.

Igor ne se fait cependant pas d’illusions : « Sur 100 convertis en prison il y en a 4 qui restent chrétiens une fois libérés » dit-il. Pour eux, il a le projet d’ouvrir une « Maison de Miséricorde » afin de les accompagner particulièrement. Le terrain à déjà été acheté, en grande partie par les dons de lecteurs d’IDEA-Spektrum. La maison devra accueillir temporairement 8 sortants de prison. Il est prévu qu’ils gagneront leur vie en travaillant à la solution d’un des grands problèmes du pays : le tri et le recyclage des poubelles. Et puis, comme le pense le fondateur, recycler les poubelles peut constituer une expérience impressionnante pour des personnes en voie d’insertion.

Il est certain que l’Etat ne participe pas au financement du projet. C’est donc par la foi que l’équipe avance vers la réalisation de sa « Maison de Miséricorde».

De Klaus Rösler, IDEA-Spektrum (traduction Rose Marie ERB)

31 décembre 2009