La prière d’un détenu

Seigneur,

Je ne sais pas comment te prier,
Si je dois te dire tu, te dire vous ou ne rien dire.
Mais du fond de ma cellule je te lance ce cri,
Ce cri de détresse d’un détenu qui souffre au plus profond de son âme.

J’aimerai te prier pour ceux que j’aime,
Pour ceux qui m’aiment, mais aussi pour ceux qui m’ont oublié
Je veux te prier pour tout ces gens qui sont contre moi
Et pour qui parfois je ressens de la haine.
Aide-moi mon Dieu à les aimer comme tu le veux,
Afin que je puisse les voir avec ton regard d’amour et non plus avec le mien.

Donne-moi ta patience quand des conflits naissent entre codétenus,
Donne-moi ton amour quand des insultes fusent à mon intention,
Donne-moi ta force quand je me sens brisé par la justice,
Donne-moi ta paix quand je suis angoissé face aux événements.
Donne-moi de me reposer sur Toi chaque jour.

Je te prie Seigneur pour ces moments difficiles que je traverse
Car c’est à travers eux que je sens ta présence
Et ton amour tout autour de moi.
Aide-moi à croire chaque jour en ton amour.
Et que le doute laisse place à la certitude,
Cette certitude que Toi tu m’aimes
Et que je peux toujours compter sur toi.

Comme un noyé qui sombre doucement,
Attiré par les profondeurs des abysses,
S’accroche à une bouée,
Je m’accroche désespérément à toi
Et je sais que tu m’amèneras jusqu’au rivage.

Les courants de la vie pourront me balloter, me chavirer,
Parfois même me submerger,
Je sais que tu es là et que je peux m’appuyer sûr toi.
Merci Seigneur d’avoir entendu la prière
Du simple détenu que je suis
Et qui pourtant à tant de valeur à tes yeux.

Amen

Tiré du guide de survie du chrétien en prison

Une prison se tourne vers Christ au Salvador

Un réveil spirituel a complètement transformé la prison de San Francisco Gotera au Salvador. D’après un reportage de Reuters diffusé par le Daily Mail le 20 avril, deux ans auparavant, les détenus étaient presque tous actifs dans des gangs. Lire la suite

Une ville près de chez vous !

« J’aimerais vous parler d’une ville d’environ 65000 habitants. Dans cette ville un numéro est associé au nom de tout nouvel arrivant. Les déplacements dans cette ville sont encadrés. Tout ce qui n’est pas explicitement autorisé est interdit. Dans cette ville, le maire est aussi le chef de la police et le président du tribunal. Plus de six fois sur dix les procès se déroulent sans avocat.

Dans cette ville, la prise en charge sanitaire est déficiente. Aucune permanence de soins n’est organisée la nuit ou le week-end. Il n’est pas rare, dans cette ville, de devoir patienter de nombreux mois avant de pouvoir rencontrer un spécialiste, dentiste, psychiatre… Pourtant la population de cette ville, souffre plus qu’ailleurs, de pathologies psychiques.

Dans cette ville, un habitant sur cinq est dans une situation d’illettrisme ou a d’importantes difficultés de lecture. On compte en moyenne un poste d’enseignant pour 140 élèves. Seulement 1% d’entre eux obtiennent leur bac dans l’année. Le taux de chômage atteint les 70% et le travail proposé est ponctuel et rémunéré à la production. Plus d’un tiers des habitants vit avec moins de 45€ par mois. Pourtant les biens de consommation sont vendus 30% plus cher qu’ailleurs et l’aide sociale se résume à une trousse d’hygiène de première nécessité. Les grèves ou autres mouvements pacifiques sont interdits. Une simple pétition est immédiatement sanctionnée. Les rencontres familiales et amicales sont soumises à autorisation. Trente pour cent des habitants n’ont aucun accès au téléphone et ceux qui en ont le droit, sont systématiquement écoutés. Les autorités ouvrent, lisent et peuvent retenir les courriers. Le problème de surpopulation est inquiétant, on peut rester dans dix mètres carrés jusqu’à 22h sur 24h, à deux et voir même trois personnes, ce qui crée souvent de la violence. Le taux de suicide est sept fois plus élevé qu’ailleurs.

Cette ville n’appartient pas au passé, elle n’est pas tirée d’un film de science-fiction. Ce quotidien, tel qu’il vient d’être décrit, est une réalité de 65000 hommes et femmes incarcérés dans 195 établissements pénitentiaires en France. »[1]

Une ville où l’on côtoie Dieu

Sur la route, en direction vers cette « ville » , on essaye d’imaginer la réaction des détenus à la vue d’un aumônier protestant, aumônier que j’accompagne à ce moment-là, pour apporter quelques vêtements à un homme que j’avais côtoyé et qui vient d’être incarcéré.

Surprise complète… l’aumônier à qui on a remis les clés des cellules pour faire ses visites, n’hésite pas à se présenter comme chrétien au premier détenu et à lui proposer une Bible, après un échange très court, et de finir par la prière. Certainement un clin d’œil de Dieu en ma faveur, me dis-je, pour m’encourager à de prochaines visites. Mais cela dure depuis 15 ans et toujours ces « clins d’œil ». Moi qui pensais « apporter » Christ en prison, me voilà à le côtoyer dans ce lieu.

Une ville où Dieu est à l’œuvre

Cela fait un an qu’il est incarcéré; ce qui lui est reproché, c’est d’avoir mis le feu à la maison… son amie y est décédée. Quand il en parle, les larmes coulent. Il m’est difficile de voir chez cet homme un meurtrier, mais… l’alcool a fait partie de leur vie et cela allait les amener à cette fatalité.

Je l’ai rencontré pour la première fois lors de nos cultes à la prison. Sur son visage les traces d’alcool semblables à celles des clochards qu’on croise dans les rues. Un jour j’ai décidé de lui rendre visite dans sa cellule, étant absent je lui ai laissé un petit mot sur sa table.

Quelque temps plus tard, nos pas se sont croisés, il avait changé. Sur son visage certains traits s’étaient quelque peu effacés. Il me dit: «Thierry, j’aimerais te lire un petit mot qui a transformé ma vie». Et le voilà qui lit ce petit mot que j’avais laissé sur sa table il y a quelque temps et dont le Saint-Esprit s’est « emparé » avec puissance ! Aujourd’hui, après 8 ans de prison il nous rejoint à notre Église. Ils sont nombreux les témoignages que l’on pourrait partager… Dieu est vraiment à l’œuvre dans ces villes, il y a des Onésime à sauver.

Une ville soutenue par des instruments de Dieu.

La FPF[2] est un instrument de Dieu, qui en lien avec le ministère de la Justice, a établi 377 aumôniers dans les 195 centres de détention. La CEDEF[3], autre instrument de Dieu, est née en 1983, après la visite en France de Charles Colson, impliquée dans l’affaire du Watergate. Charles Colson s’étant converti en prison a motivé les chrétiens au témoignage de Christ dans ces milieux. La CEDEF[4] veut sensibiliser les chrétiens évangéliques à ces ministères auprès des détenus, que ce soit la correspondance, les visiteurs de prison, les aumôniers, et surtout la prière. Et chacun d’entre nous est un instrument de Dieu dans cette ville en priant, participant par ses dons, en s’engageant dans la correspondance.

Une ville dont le reflet est de chez nous !

Il faut être un monstre pour faire ce qu’ils ont fait… et oui c’est bien vrai. C’est terrible les histoires que l’on peut entendre, abjectes, horrifiantes, inqualifiables tellement cela dépasse notre entendement. Mais, dans nos hôpitaux, chaque jour naissent des bébés innocents et non des monstres que je sache. Comment le sont-ils devenus ? On doit s’interroger, car la prison n’est que le reflet de notre société, ne l’oublions pas.

Alors, en tant qu’Église « apportons la lumière à ceux qui sont à l’ombre », car c’est pour eux aussi que le Seigneur Jésus est venu.  « j’étais en prison et vous êtes venus vers moi. » (Matthieu 25.36) 

Vous souhaitez prier pour les détenus c’est par ici, vous souhaitez soutenir l’oeuvre de la CEDEF (Commission d’Entraide auprès des Détenus et de leurs familles) Commission prison du CNEF
[1] Texte repris d’un montage vidéo proposé par l’Observatoire International des Prisons et Emmaüs France. https://youtu.be/9GB-IGG2fWM

[2] Fédération Protestante de France

[3] Commission d’entraide auprès des détenus et de leurs familles La CEDEF est depuis 2003 la commission prison du CNEF

[4] Site à visiter http://www.lacedef.org